Sauger

 

 

Programme des exercices

de l'École centrale du dépt. de la Haute-Vienne, an VI, par le prof. Sauger-Préneuf.

Solutions grammaticales

1798. An 6 de la République.

 

Exercices publics

des cours de l'École centrale du dépt. de la Haute-Vienne, an XI, par le prof. Sauger-Préneuf.

 

 


 

 

PROGRAMME

DES EXERCICES

DE

L’ÉCOLE CENTRALE

DU DÉPARTEMENT

DE LA HAUTE-VIENNE,

POUR L’AN VI [1798/99].

 

 

 

|13

GRAMMAIRE GÉNÉRALE.

Professeur, le Citoyen SAUGER-PRÉNEUF.

PREMIÈRE CLASSE.

GRAMMAIRE ÉLÉMENTAIRE.

PARTIE GRAMMATICALE.

 

 

LA Grammaire est l’Art d’exprimer correctement ses pensées. L’expression d’une pensée s’appelle Proposition. La Proposition a deux parties Logiques, et une purement Grammaticale. Les deux parties Logiques sont le Sujet et l’Attribut ; la partie Grammaticale est le Complément. Il y a plusieurs sortes de Compléments ; il y a aussi plusieurs sortes de Propositions, c’est-à-dire, plusieurs manières d’exprimer ses pensées.

Pour exprimer les Propositions, et en modifier chaque partie, nous n’avons que deux espèces de mots, savoir : le Substantif et l’Attribut. Cette division est fondée sur la nature elle-même, qui n’offre par tout que substance et modification.

Les hommes après avoir donné des noms aux objets, et classé les modifications dont ils sont susceptibles, eurent besoin de cet ART qui embrasse les rapports des mots avec les idées, les rapports des mots entre eux, et la place que les mots doivent occuper : c’est ce qu’on appelle Syntaxe.

Syntaxe du Substantif.

Le Substantif est en générale susceptible d’extension, de restriction, de genre, de nombre et de personnes. Chaque Substantif n’a ordinairement qu’un genre ; il y en a pourtant quelques-uns dont le genre varie, tels que Orgue, Délice, Gens, &c, &c, &c.

 

 

 

QUESTIONS GRAMMATICALES.

PR[E]MIÈRE QUESTION.

 

Faut-il écrire :

Ils ont apporté des offrandes au Temple, chacun ses ou leurs moyens ; ils ont apporté, chacun, leur ou son offrande ?

|14 2.e Une Demoiselle à qui l’on demande : Êtes-vous mariée ? doit-elle répondre : Je le suis, ou je la suis ?

3.e Faut-il écrire :

Je vous fais grace, quoique vous ne le ou la méritiez-pas ; on a fait trève, mais elle ou cela ne peut durer long-temps ?

4.e Les deux charrettes perdirent leur essieu, ou perdirent chacune, leur essieu ; le[s] maris s’y rendirent avec leurs femmes, ou s’y rendirent chacun avec sa femme ?

5.e Manger, boire et dormir est ou sont leur unique affaire, ou c’est leur unique affaire ?

6.e Virgile et Horace s’aimoient l’un l’autre, ou l’un et l’autre ?

7.e C’est à vous à qui je veux parler, ou que je veux parler ?

8.e On croit n’être pas trompé, cependant on nous trompe à tout moment, ou on croit n’être pas trompé, cependant on l’est, etc.

Syntaxe de l’Attribut particulier.

L’attribut particulier destiné à correspondre avec le substantif reçoit de lui le genre et le nombre. On dit pourtant : Nous avons écrit une lettre, et la lettre que nous avons écrite. Comment savoir quand il faut l’accord, et quand il ne le faut pas ? Toutes les difficultés seront levées, si l’on fait attention à cette règle unique : Toutes les fois que l’attribut particulier (participe passé) est construit avec avoir ou avec être, et l’un de ces compléments me, te, se, nous, vous, interrogez littéralement dans la forme suivante : Qu’est-ce que je présente sous l’idée d’être aimé, lu, cultivé, écrit, &c ? Le substantif est-il avant l’attribut particulier ? accord. Est-il après ? ou l’attribution est-elle absurde ? inapplicable ? point d’accord.

 

 

 

QUESTIONS GRAMMATICALES.

PREMIÈRE QUESTION.

 

Faut-il écrire :

La femme que j’ai vu ou vue peindre ?

2.e Je lui ai rendu tous les services que j’ai pu ou pus ?

3.e La maison que j’ai fait ou faite bâtir ?

|15 4.e Cette femme n’est pas aussi savante que je l’avois imaginé ou imaginée ?

5.e La somme que cette affaire m’a coûté ou coûtée ?

6.e Auguste gouverna Rome avec un tempérament, une douceur soutenue ou soutenus à laquelle ou auxquels il dut le pardon de ses anciennes cruautés ?

7.e Avec Boileau.

Et plus loin, des Laquais l’un l’autre s’agaçants (ou s’agaçant? Font aboyer les chiens, et jurer les passants.

Syntaxe de l’Attribut com­mun et de l’At­tri­but com­biné.

Dans l’attribut, soit commun, soit combiné, il faut considérer le nombre, les personnes, les modes, les temps et les conjugaisons.

 

 

 

 

QUESTIONS GRAMMATICALES.

PREMIÈRE QUESTION.

 

Faut-il écrire :

J’ai prouvé que la République triomphera ou triompheroit de ses ennemis ?

2.e Vous parlez en hommes qui n’entendez pas ou n’entendent pas la langue ?

3.e L’infinité des perfections de Dieu m’accable ou m’accablent ; une troupe de voleurs pilla ou pillèrent sa maison ?

Syntaxe de l’Attribut d’union.

Parmi les attributs d’union, les uns lient des parties de proposition ; les autres, les propositions elles-mêmes.

 

 

 

QUESTIONS GRAMMATICALES.

PREMIÈRE QUESTION.

 

Faut-il écrire :

Ni l’or ni la grandeur ne nous rendent ou rend heureux ?

2.e Ou son sang ou le mien lavera ou laveront cette injure ?

Syntaxe du Surattribut.

Il y a autant de sortes de Surattributs, qu’il y a de manières |16 d’attacher une idée secondaire à une première attribution. Cette division nous paroît inutile. Elle embarrasse les Élèves plus qu’elle ne les instruits. Quelques règles sur cette partie du Discours offrent un intérêt plus réel et mieux entendu.

Syntaxe de l’Ex­cla­ma­tion.

Les principales Exclamations sont ah, ha, aie, hélas, ouf, oh, ho, etc., etc., etc. Ah, ha, oh, ho, quoique faisant entendre le même son, ne présentent pas le même sens. Cette différence tient à une finesse de notre langue que peu de personnes sentent ; sans doute parce qu’elles n’y font pas assez d’attention.

 

 

 

GRAMMAIRE ÉLÉMENTAIRE.

PARTIE ORTHOGRAPHIQUE.

 

 

L’ORTHOGRAPHE d’une langue est l’Art d’être correct dans l’emploi des caractères et des signes de cette même langue.

Les caractères sont les lettres de l’alphabet ; Les signes sont les accents, l’apostrophe, le tréma, le trait d’union, les guillemets, la parenthèse, la cédille, la virgule, les points, etc., etc.

Les caractères ou lettres se divisent en voyelles et en consonnes. Leur combinaison présente des sons tellement différents à l’oreille, que l’homme le plus exercé n’est pas toujours à l’abri de l’erreur sur les moyens fixes de les peindre.

La manière de peindre les sons de la langue française, peut se diviser en trois parties : la première, pour le son initial ; la seconde, pour le son intermédiaire ; la troisième, pour le son final.

C’est dans cet ordre que les Élèves parcourront les sons, a, e, è, ê, i, o, u, eu, ou, oi, an, in, on, un ; B, C, D, F, G, J, Gn, L, ll, ille mouillé, M, N, P, Q, R, S, T, X, Z, avec les homonymes particuliers à chaque son.

Les Élèves feront en outre, sur l’Orthographe des verbes, et sur quelques points d’Orthographe particuliers, plusieurs obser- |17 vations et dissertations qui ne peuvent entrer dans la peinture des sons.

     Répondront sur la Grammaire élémentaire les Citoyens,

 

 

Charles Grellet,

Thomas Lapiconnerie,

Pierre Pétiniaud,

J. B. Ardant-Marzac,

Pierre Jouhaud,

 

} De Limoges.

 

 

 

 

GRAMMAIRE GÉNÉRALE.

DEUXIÈME CLASSE.

GRAMMAIRE RAISONNÉE.

 

 

L’HOMME est composé de deux substances : l’Ame et le Corps. On ne conçoit pas comment un être purement spirituel, c’est-à-dire, pensant sans être étendu, peut être uni à un corps qui est étendu, et ne pense pas. Nous ne pouvons pas cependant douter de cette union, puisque nous pensons et que nous avons un corps.

Nos besoins nous ont appris le secret de la communication de nos pensées ; mais il s’en faut bien que tous les Peuples de la terre se servent des mêmes lettres, des mêmes mots et de la même méthode pour analyser leurs pensées, et pour les communiquer aux autres. De là, la différence des langues.

A la parole a succédé l’écriture. Origine de cet Art. Tous les Peuples écrivent-ils de la même manière ?

Des Lettres ou Carac­tères comme Sons.

On distingue dans la parole plusieurs sortes de sons : les voix, les consonnes et les articulations.

Des voix.

Quelle est la matière de la voix ? Comment se forme la voyelle ? Tableau des voyelles, d’après le sentiment de Port-Royal, Duclos, d’Olivet, etc.

|18 Des Con­son­nes.

Comment se forme la consonne ? Tableau des consonnes.

Des Arti­cu­lations.

Ce qu’on entend par articulation, syllabe et diphtongue.

Des Accents.

Ce qu’on entend par accent. Combien y a-t-il de sortes d’accents ?

 

 

 

ABRÉGÉ DE LOGIQUE.

 

 

Des facultés de l’ame et de ses propriétés. Des cinq sens, analyse de la faculté de sentir. De l’attention, de la mémoire, de la comparaison. Des différentes manières de nous former des idées, de ce que les  Philosophes appellent appétit sensitif, du besoin, des désirs, des passions, de la volonté, des actions naturelles et des actions volontaires. Des habitudes.

Des principales opérations de notre esprit. De l’idée, du jugement, du raisonnement et de la méthode. Le raisonnement et la méthode ne sont qu’une extension du jugement.

 

 

 

DES PARTIES DU DISCOURS

Considérées d’après les anciens Grammairiens.

 

Du Substantif.

Des noms substantifs propres, communs et appellatifs. Origine de quelques noms primitifs. Des noms augmentatifs, diminutifs.

Adjectif.

Idée de l’adjectif. La syntaxe de l’adjectif se réduit à deux points : 1.o Position de l’adjectif ; 2.o Terminaison de l’adjectif. Des nombres, des genres et des cas.

Article.

Origine de l’article, son emploi. Combien y a-t-il de sortes d’articles ? L’article a-t-il des inconvéniens ou des avantages ?

Pronom.

Opinion des Grammairiens sur le pronom. Remarques importantes sur quelques pronoms.

Préposition.

Explication de la préposition. Observation sur les prépositions en général.

Adverbe.

Causes qui ont donné lieu aux adverbes. L’adverbe et la préposition avec son complément, peuvent-ils se suppléer réciproquement dans tous les cas ?

|19 Verbe

Propriété du verbe. Du verbe substantif. Des verbes adjectifs. Des voix, des modes et des temps. Division des verbes en actifs, passifs, impersonnels, etc., etc., des conjugaisons, des nombres et des personnes.

Participe.

Exposition des règles auxquelles est soumis le participe dans la langue française.

Conjonction.

Explication du mot conjonction. En quoi consiste la valeur de la conjonction ? Pourquoi les Grammairiens ont-ils balancé à placer la conjonction au nombre des parties du Discours ? Remarques sur quelques conjonctions.

Interjection.

Tableau des principales interjections.

Des Mots explétifs.

Tableau des mots explétifs de la langue française.

 

 

 

DE LA SYNTAXE.

 

 

Observations sur la syntaxe en général. De la construction simple, et de la construction figurée.

Des Figures.

Ce qu’on entend par figures en général. Des figures grammaticales, de l’ellipse, du pléonasme, de la syllepse, de l’hyperbate, de l’inversion, de l’hellénisme, de l’attraction.

 

 

 

DU DISCOURS CONSIDÉRÉ GRAMMATICALEMENT.

 

 

De la proposition, de la phrase, de la période. Des différentes sortes de sujet qui entrent dans la proposition. Ce qu’on entend par nombre et cadence dans la période. De la proposition considérée logiquement, et de la proposition considérée grammaticalement. Des rapports généraux entre les mots dans la construction. Remarques pour bien faire la construction. Application des principes à quelques morceaux de prose et de poésie.

     Répondra sur la Grammaire raisonnée.

 

 

Charles Grellet, de Limoges.

 

Nota. La Séance sera terminée par le tableau des manières vicieuses de parler les plus communes, considérées tant sous le rapport de la syntaxe que sous celui de la prononciation.

Cet Exercice aura lieu dans la Salle des actes de l’École centrale du Département de la Haute-Vienne, le 11 Fructidor [28-8-1798], à deux heures de l’après-midi.

 

Document conservé aux Archives Départementales de la Haute-Vienne,

Cote : L 1/60

 

 


 

 

Solutions grammaticales.

1798. An 6 de la République.

 

|1

Avertissement.

 

Le 11 Fructidor, an 6.e [29-8-1798] Jour de l’exercice du cours de Grammaire Générale, à l’Ecole Centrale du Dép.t de la Haute-Vienne, le C.n Caminade demanda la parole pour proposer quelques doutes qu’il avoit sur l’emploi de son, sa, ses, leur, après chacun. La foiblesse de sa voix ne permettant pas de l’entendre, le Professeur l’engagea à lui donner communication de son Ecrit pour pouvoir y répondre, après la séance : ce qui lui fut accordé.

Voici ces difficultés et la Réponse envoyée par le Professeur au C.n Caminade. On joint ici la dernière Lettre de ce C.n afin que le public, ayant toutes les pièces sous les yeux, juge de quel côté est la bonne foi.

 

 

Questions Grammaticales

sur l’emploi de son, sa, ses, leur, &tc. après chacun,

Proposées

Au Professeur de Grammaire générale à l’Ecole Centrale du

Dép.t de la Haute-Vienne par le C.n Caminade.

 

Faut-il Ecrire : Les deux charrettes perdirent, chacune, leur Essieu, ou perdirent, chacune, son Essieu ?

Je conviens avec vous, Citoyen, qu’il faut Ecrire, les deux charrettes perdirent, chacune, leur Essieu ; mais pourquoi |2 faut-il écrire de la sorte ? Parce que l’idée de nombre doit être adaptée au régime comme au sujet. on n’est dispensé de cette exactitude que quand l’idée de nombre se réduit, pour ainsi dire, à l’unité dès le commencement de la phrase, comme dans cet Exemple, chaque charrette perdit son essieu.

Mais suivons.

faut-il écrire : Les Maris s’y rendirent, chacun avec sa femme, ou chacun avec leur femme ?

Je vous invite d’abord, Citoyen, à rappeler ici le principe qui peut vous aider à résoudre cette question.

Vous dites, Citoyen, ou plutôt vous voulez dire qu’à la suite d’un pluriel, on doit mettre son, sa, ses, lui, il ou elle (au singulier), quand chacun est après le Régime du verbe, et leur, leurs, eux ou elles (au pluriel), quand chacun est avant le Régime ou le Complément du verbe. Je n’ajoute il, soi, lui[,] elle (au sing.) et eux ou elles (au plur.), que pour rendre la règle générale.

Nous sommes à peu près d’accord sur le principe, et nous le sommes entièrement sur son application ; Mais pour Eclaircir les doutes qui me restent sur le principe, permettez-moi de vous demander si dans la phrase qui nous occupe, il n’y a pas tout-à-la-fois un Régime et un Complément ; Car à défaut de régime devant chacun, il faudroit écrire les Maris s’y rendirent, chacun avec leur femme, au lieu qu’après un régime il faut écrire les Maris s’y rendirent, chacun avec sa femme : La remarque que je fais est donc bien essentielle.

|[3] Moi j’appelle Régime, ce qui est sous la dépendance du Verbe, c’est-à-dire, ce qui répond aux questions qui ? quoi ? de qui ? à qui ? ou à quoi ? et Complément, ce qui n’est qu’un accessoire du verbe, c’est-à-dire, ce qui répond seulement aux questions où, doù, &tc. vous voyez par-là qu’il y a une grande différence entre ces deux mots, régime et Complément.

A présent, dites-moi, je vous prie, où vous apercevez un régime et un complément dans cette phrase littérale : Les Maris s’y rendirent, chacun avec sa femme ? le Régime est se ; le Complément est chacun avec sa femme, dans ce lieu : du moins y en cette occasion, est mis pour , dans le lieu dont on parle.

Pourquoi se est-il ici régime du verbe ? Parce que ce pronom est sous une telle dépendance du verbe qu’il se tourne par eux dans la phrase grammaticale : ainsi, c’est comme s’il y avoit, les Maris rendirent eux, chacun avec sa femme, dans ce lieu. Ce langage n’est pas à beaucoup près conforme au bel usage, et c’est par cette raison que j’ai distingué la phrase Litterale d’avec la phrase Grammaticale.

Continuons.

J’ai avancé tout-à-l’heure que la règle étoit générale ; je le démontre par les exemples qui suivent.

 

 

1.º Exemples de chacun mis

après le Régime du Verbe.

Les Jeunes gens de la Réquisition reçurent l’ordre de se rendre chacun à ses Drapeaux.

|4 Les Communes envoyèrent des Députés, chacune en raison de sa population.

On rangea toutes les femmes, chacune selon la place qu’elle devoit avoir par son âge.

Les Combattants se retirèrent, chacun chez soi ; ou se rendirent chacun au poste qui lui étoit assigné.

 

 

2.º Exemples de chacun mis avant le

Régime du Verbe.

Il les écouta attentivement, et leur dit ensuite à chacun ou à chacune leur fait.

Alexandre voulut que les Bêtes mêmes et les murailles témoignassent, chacune en leur manière, leur douleur de la mort d’[?Ephestion].

 

 

3.º Exemples de chacun mis avant le

Complément du verbe.

Tous les Juges ont opiné, chacun selon leurs lumières.

Elles s’en ?? retournèrent, chacune chez elles.

Voilà quels sont les cas qui embarrassent le plus souvent. Je ne dois pas vous dissimuler, Citoyen, que d’excellents auteurs, au lieu d’une, ont établi là-dessus deux ou trois Règles : Peut-être ai-je omis ou suivi moi-même cette Marche dans la grammaire que je me dispose à faire paroître ? Je l’ignore car mon Manuscrit s’imprime à cent lieues de moi. Ce que je puis affirmer, c’est que je corrigerai avec soin toutes les négligences et toutes |5 les fautes qui ont pu m’échapper sur une matière aussi ingrate, aussitôt que cela dépendra de moi.

On dit figurément que la vérité est cachée au fond d’un puits ; il me semble qu’on s’exprimeroit beaucoup mieux, si l’on disoit que la vérité est cachée dans la Nuit des temps, puisque chaque jour nous découvre une vérité que nous ignorions la veille.

 

 

Réponse

aux questions Grammaticales du C.n Caminade,

sur l’emploi de son, sa, ses, leur &tc. après chacun.

Par le C.n Sauger, Professeur de Grammaire

Générale à l’Ecole Centrale du Dép.t de la Haute-Vienne.

 

1.re Demande. faut-il écrire : les deux charrettes perdirent, chacune, leur essieu, ou perdirent, chacune son essieu ?

Réponse. Il faut écrire : les deux charrettes perdirent, chacune, leur essieu.

Voici la Règle que j’admets ; on peut en faire l’application à tous les Exemples singuliers et pluriels.

« Lorsque chacun vient après un sens collectif fini, on se sert de son, sa, ses, il, elle, soi, lui ; si chacun vient avant que le sens collectif soit fini, ce qui suit ne peut plus se dire distributivement, et alors on se sert de leur, leurs, elles, eux »

Or, dans la phrase en question [en Question], le sens collectif n’est pas fini avant chacun ; donc il faut leur.

|[6] Ce n’est pas, comme vous voyez, C.n, parce que lidée de nombre doit être adaptée au Régime comme au sujet que je mets leur ; mais parce que ?? véritablement le sens collectif n’est pas fini avant chacun. Dailleurs, est-il bien vrai que lorsque l’idée de nombre doit être adaptée au Régime comme au sujet, on doive toujours mettre leur, et que l’on est dispensé de cette Exactitude, lorsque l’idée de nombre se réduit, pour ainsi dire, à l’unité dès le commencement de la phrase ?

Cependant on écrit « il leur a dit à chacun leur fait, on leur a donné à chacun leur part », Quoique l’idée de nombre se réduise à l’unité (il, on) dès le commencement de la phrase.

2.e Demande. faut-il écrire. Les Maris s’y rendirent, chacun avec sa femme, ou chacun avec leur femme ?

Réponse. Il faut écrire les Maris s’y rendirent, chacun avec sa femme.

Pourquoi ? Parce que « les Maris s’y rendirent »forme une Proposition dont le sens collectif est fini avant chacun. C’est comme s’il y avoit les Maris rendirent eux, là dans cet endroit. « Chacun avec sa femme »forme une seconde Proposition, une proposition elliptique, complétive, éloignée, dont le sens Grammatical peut se passer, à la rigueur.

« Les Maris s’y rendirent » est une phrase régulière. Je n’ai pas dit, Citoyen, et je n’ai pas voulu dire qu’à la suite d’un pluriel on doit mettre son, sa, ses, soi, lui[,]elle, il, quand chacun est après le Régime du Verbe, |7 Et leur, leurs, eux, elles, quand chacun est avant le Régime ou le Complément du verbe.

La Règle ne serait point exacte, les exemples que vous citez nous en fournirons la preuve.

« Les Combattants se rendirent, chacun, au poste qui lui étoit assigné ».

« Les jeunes gens de la réquisition reçurent l’ordre de se rendre, chacun à ses Drapeaux ».

Vous mettez lui dans le premier Exemple, et ses dans le second, parce que 1.º c’est après un pluriel ; 2.º parce que chacun vient après le Régime du verbe ; se rendirent, se rendre, c’est comme s’il y avoit rendirent eux, rendre eux.

J’avoue que c’est être conséquent ; cependant, Citoyen, se rendre, pris absolument, sans désignation quelconque de lieu, Exprime-t-il bien le Transport d’un lieu dans un autre ? Je ne le crois pas. se rendre, dans un sens absolu, signifie céder les armes, se soumettre au pouvoir de quelqu’un : les ennémis se sont rendus après douze heures de combat. Ce qui est très-différent.

D’après le principe que je viens d’Etablir, Et suivant l’opinion de Condillac, Wailly, Girard et Domergue, il faut incontestablement, dans le premier Ex : Chacun au poste qui leur étoit assigné, Et dans le second. Chacun à leurs Drapeaux ; parce que le sens collectif n’est pas fini avant chacun.

On ne peut refuser à Girard le mérite d’avoir par- |8 faitement connu sa langue ; cependant il auroit fait une faute, selon Vous, dans la phrase suivante :

« Les habitants se sont engagés, chacun pour leur [?quote] part, à ces fournitures ».

Parce que chacun vient après le Régime du Verbe. se sont engagés, c’est-à-dire, ont engagé eux.

Ce cas est le même que le précédent ; s’engager, pris dans un sens absolu, présente une idée tout autre que celle de s’engager à... le premier signifie s’enrôler ; le second signifie promettre.

C’étoit ce dernier sens que Girard avoit dans l’esprit. La proposition plurielle est incomplète avant chacun ; on ne connoit l’objet de l’engagement qu’après ce mot.

Girard a donc été correct, lorsqu’il a dit : Chacun pour leur quote-part, et l’expression auroit trahi sa pensée s’il eût mis chacun pour sa quote-part.

Je vous ai entendu quelquefois blâmer cette phrase de Callières, rapportée par Wailly.

« Les esprits qui ont de la justesse examinent les choses avec attention, pour en juger avec connoissance, et ils les mettent chacune dans le rang qu’elles doivent tenir ».

Veuillez, je vous prie, la relire avec soin, et si vous êtes convaincu de la vérité de mes assertions, vous serez obligé de convenir que Callières auroit péché contre la Logique Grammaticale, en s’exprimant autrement.

|9 Pour éclaircir les doutes qui vous restent sur le principe, vous me demandez, Citoyen, si dans cette phrase « les maris s’y rendirent, chacun avec sa femme » il n’y a pas tout-à-la-fois un régime et un complément, car dites-vous, à défaut de régime devant chacun, il faudroit écrire : les Maris s’y rendirent, chacun avec leur femme, au lieu qu’après un Régime, il faut écrire les Maris s’y rendirent, chacun avec sa femme.

Je réponds que je ne vois aucun Régime dans ces phrases : « les maris s’y rendirent, chacun avec sa femme » mais seulement des Compléments. La 1.re phrase est complète, comme je l’ai dit plus haut ; la seconde est elliptique. Cette distinction me paroit appuyée sur l’analyse Logique ; celle que vous faites est trop subtile, et je ne comprends pas encore comment dans une circonstance, il faut écrire « les Maris s’y rendirent, chacun avec sa femme » et dans une autre « les Maris s’y rendirent, chacun avec leur femme ». Vous reconnoissez des régimes dans la Langue française ; moi, je n’y vois que des Compléments.

Le nom de régime ne me paroit devoir être adopté que pour les langues qui ont des cas ; parce que dans ces langues seules, les noms sont régis, sont gouvernés ; ils sont obligés de prendre telle ou telle inflexion, selon la nature du Verbe ou de la Préposition qui les régit.

|10 Or, dans notre langue, les noms gardent toujours la terminaison de leur première dénomination, ils n’ont point proprement de régime ; leur fonction est d’être Compléments.

Cette opinion, vous le savez, Citoyen, n’est pas nouvelle (a) / (a) Dict. de l’acad. art. régime et régir. / ; c’est celle de Dumarsais et de Beauzée (b) / (b) Gram. générale, tome 2, page 80 et suivantes. Encyclopédie méthodique, art. Complément et Régime. /. Je vous renvoie à ce dernier, persuadé que tout ce que je pourrois dire sur cette intéressante matière ne seroit qu’une froide répétition des raisons convaincantes données par ce savant Grammairien.

Vous avez, Citoyen, établi une Règle sur l’emploi de son, sa, ses, il &tc. après chacun, et vous citez à la fin de vos Questions des exemples propres à la confirmer. Je vais, pour finir comme vous, répéter celle que j’ai admise au commencement de cette réponse. Et j’ajouterai quelques Exemples pour achever de vous prouver que nous ne sommes nullément d’accord sur le principe, Et que nous le sommes à peu près sur son application.

« Lorsque chacun vient après un sens collectif fini, on se sert de son, sa, ses, il, elle, soi, lui ; si chacun vient avant que le sens collectif soit fini, ce qui suit ne peut plus se dire distributivement, et alors on se sert de leur, leurs, elles, eux ».

 

|11

1.º Exemples de chacun mis avant un sens collectif fini.

Les jeunes gens de la Réquisition reçurent l’ordre de se rendre, chacun, à leurs Drapeaux.

Les Combattants se rendirent, chacun, au poste qui leur étoit assigné.

Il les écouta attentivement, et leur dit ensuite à chacun ou à chacune, leur fait.

Alexandre voulut que les Bêtes mêmes et les Murailles témoignassent, chacune en leur manière, leur douleur de la mort d’[?Ephestion].

Arranger des livres, et les mettre, chacun, à leur place.

Ces choses-là ont, chacune, leur mérite.

Ils ont donné, chacun, leur avis, selon leurs lumières.

Les habitants se sont engagés, chacun pour leur quote-part, à ces fournitures.

Toutes les Communes y envoyèrent, chacune leurs Députés.

La fée les condamna à demeurer, chacune dans leur condition.

Les Ministres peuvent annuller, chacun, dans leur partie, les Actes des administrations de Départements.

Les uns après /et/ les autres, après avoir vécu pour l’Edification, ou pour le Bonheur des humains, finissent par recevoir, chacun dans leur genre, les honneurs de L’apothéose.

 

|12

2.e Exemples de chacun mis après un sens collectif fini

Les Communes envoyèrent des Députés, chacune en raison de sa population.

On rangea toutes les femmes, chacune selon la place qu’elle devoit avoir par son âge.

Les Combattants se retirèrent, chacun chez soi.

Les Députés, après la séance, s’en retournèrent, chacun chez soi.

Les Députés, après la Séance, s’en allèrent, chacun chez soi.

Les Maris se rendirent au spectacle, chacun avec sa femme.

Tous les Habitants se sont engagés à ces fournitures, chacun pour sa quote-part.

Les convives ont copieusement bu et mangé, chacun bien au-delà de son besoin.

Les juges ont émis leur opinion, chacun selon ses lumières.

Les juges ont tous opiné, chacun selon ses lumières.

Vous m’avez demandé, Citoyen, des explications sur une règle de Grammaire un peu embarrassante ; Je souhaite que celles-ci vous satisfassent. Je ne me suis pas dissimulé, en rédigeant cette réponse, combien ma tâche étoit pénible. L’espoir de mériter votre Estime m’a encouragé ; puissé-je y avoir acquis quelque droit !

 

|13

Lettre du Citoyen Caminade

au Citoyen Sauger, au sujet de la Réponse précédente.

 

Limoges, le 24 Vend.re an 7 [15-11-1798]...

 

Citoyen,

 

Quand on cherche à s’éclairer mutuellement, il faut de la franchise, et ce n’est pas ce que je trouve dans ce que vous appelez votre réponse.

1.º Vous vous Efforcez d’attaquer ce que j’ai dit sur la Question des charrettes ; mais une observation n’est pas une règle, dès que cette observation est fondée sur les principes de la saine Logique, ce n’est pas l’observation, c’est la règle qu’il faut attaquer.

2.º Pour frapper jusques dans ses fondements un principe philosophique, vous ne m’opposez qu’un tissu d’erreurs Grammaticales, et vous voulez que je les admette sur la foi des autorités que vous me citez ! C’est me renvoyer tout bonnement à l’Ecole.

3.º Vous me prêtez ce que je n’ai pas dit, ou si j’ai commis la faute, il n’est personne qui ne sente et qui n’avoue que c’est par inadvertance.

J’ai dit qu’il falloit écrire :

Les Maris s’y rendirent, chacun avec sa femme.

                         Et

Les Maris s’en allèrent, chacun avec leur femme.

|14 Voilà ce qui dérange un peu le systême que vous avez adopté. Au surplus, étant disposés l’un et l’autre à mourir dans L’impénitence finale sur cet Article, il me paroit inutile de prolonger ici les débats, le temps seul éclaircira nos doutes.

 

Salut Et Fraternité.

Signé Caminade.

 

 

Harmonisations

1re > 1.re

1e, 2e, 3e > 1.e, 2.e, 3.e

1º, 2º, 3º  > 1.º, 2.º, 3.º 

& > et

&tc > &tc.

allerent > allèrent

avait > avoit

Callieres > Callières (nom propre)

Cn >  C.n

complements > compléments

 Dep.t > Dép.t

devait, dévoit > devoit

éssieu > essieu

était > étoit

l’orsque > lorsque

parceque > parce que

quelle (que + elle) > qu’elle

quôte-part > quote-part

 

Document conservé au Centre historique des Archives nationales, Paris,

Cote : F17/1344/3

 

 


 

 

EXERCICES

PUBLICS

DES COURS

DE

L’ÉCOLE CENTRALE

DU DÉPARTEMENT

DE LA HAUTE-VIENNE,

POUR L’AN XI [1802/03].

 

 

A LIMOGES,

Chez J. B. & H. DALESME, Imprimeurs de la Préfecture.

 

 

|28 [...]

SECTION DE LANGUE FRANÇAISE.

ORTHOGRAPHE.

 

Définition de l’orthographe…. Ce qu’il faut connaître pour bien orthographier.

 

 

SECTION PREMIÈRE.

Connaissance de l’emploi des caractères ou lettres.

 

Chap. Ier des Lettres considérées en elles-mêmes. Sous quels rapports les Lettres peuvent être envisagées dans la formation des mots… Des voyelles. Ce qu’on entend par voyelle… |29 Combien de voyelles.… Définition des e muet, fermé, ouvert, & moyen… Des consonnes. Ce qu’on entend par consonne... Des lettres majuscules ou capitales. A quelles lettres on donne ce nom... Usage qu’on en fait. Ch. II. Des lettres formant des syllabes. Ce qu’on entend par syllabe & par diphtongue. Chap. III. Des lettres formant des mots. Combien de mots dans la langue française... Division des mots en variables & en invariables.... Ce qu’on entend par genre & par nombre. Chap. IV. De l’Article. Définition de l’article. Tableau des articles... Chap. V. Du Nom. Définition du nom... Combien de sortes de noms... Ce qu’on entend par Substantif propre, commun & collectif... Définition de l’Adjectif. Ch. VI. Formation du féminin dans les adjectifs. Règles pour former le féminin des adjectifs terminés soit par une voyelle, soit par une consonne... Ce qu’on observe sur les mots auteur & amateur. Chap. VII. Formation du pluriel dans les noms substantifs & adjectifs. Règles pour former le pluriel dans les noms tant substantifs qu’adjectifs... Ce qu’on observe sur le pluriel, 1.o Des noms tirés de l’Hébreu et du Latin ; 2.o Sur le pluriel des noms propres ; 3.o Sur celui des noms composés. Ch. VIII. Accord de l’Adjectif avec son Substantif. Règles sur l’accord de l’Adjectif avec son Substantif. Ch. IX. Des Noms de nombre. Ce qu[’]on entend par noms de nombre... Combien il y en a de sortes... Règles orthographiques sur la manière d’écrire cent, vingt, mille, & demi. Ch. X. Des Pronoms. Ce qu’on entend par pronom.... Quels sont les véritables pronoms... Différence entre celui-ci, celle-ci ; celui-là, celle-là. Tableau des pronoms possessifs, démonstratifs, personnels & relatifs... Remarques orthographiques sur les pronoms se, ce, leur, leurs... Ch. XI. Du Verbe. Définition du verbe... Division du verbe en actif, passif, neutre, réfléchi, réciproque & impersonnel... Explication de ces noms... Des personnes, des nombres, des modes & des temps... Tableau des différents temps particuliers à chaque mode... Des conjugaisons. Que signifie ce mot... Combien de conjugaisons |30 dans la langue française… Tableau de la conjugaison des verbes être, avoir, aimer, finir, recevoir, lire, tomber, sortir, &c. Ch. XII. Formation des temps [les] dans [les] verbes. Ch. XIII. Des verbes irréguliers & défectifs. Ch. XIV. Observations générales sur la manière dont les personnes des verbes sont terminées. Ch. XV. Remarques particulières sur l’orthographe des verbes prendre, venir, tenir, battre, promettre, envoyer, employer, prier, confier, acquérir, mourir, vaincre, rompre, acquitter, quitter, pouvoir, vouloir, valoir. Ch. XVI. Règles sur l’accord du verbe avec son sujet. Chap. XVII. Du Participe. Définition du participe… Combien de participes… Règles sur la variation & la non-variation des participes. Ch. XVIII. De l’Adverbe. Ce qu’on entend par adverbe. Tableau des adverbes… Remarques orthographiques sur les adverbes , quand, tout, quelque… que, peu, davantage, guère, même. Ch. XIX. De la Préposition. Ce qu’on entend par préposition. Tableau des prépositions… Remarques sur les prépositions à, dès, sur, jusque. Ch. XX., De la Conjonction. Définition du mot conjonction. Tableau des conjonctions… Remarques orthographiques sur les conjonctions &, donc, mais, ou. Ch. XXI. De l’Interjection. Tableau des interjections.

 

 

SECTION SECONDE.

Connaissance de l’emploi des Signes.

 

Ch. I. Des accents. Ch. II. De l’apostrophe. Ch. III. De la cédille. Ch. IV. du tréma. Ch. V. du trait-d’union. Ch. VI. Du trait de séparation. Ch. VII. Des guillemets. Ch. VIII. De la parenthèse. Ch. IX. De la ponctuation.

            Répondront les Citoyens,

Charles Diot, de Limoges.

Léonard Géry, idem

Guyllaume Cheyrou, d’Aixe.

Jacques Glangeaud, de Limoges.

Victor Rogues, idem.

Sylvestre Marbouty, idem.

|31 François Deluret, de Limoges.

Joseph Nicot, idem.

Michel Beaudet, idem.

Pierre Dupeyrat, idem.

François Lacôte, idem.

Jean-Baptiste Ardant, idem.

Michel Durieux, idem.

Pierre Mallet, idem.

Jean-Baptiste Imbert, de Coussac.

Léonard Meinieux, de Limoges.

Joseph Vaugelade, du Dorat.

Jean-Baptiste de Beaulieu, de Limoges.

Hyppolite Vilestivaud, idem.

Cyprien de l’Hermite, de Limoges.

Félix de l’Hermite, idem.

Charles Nantiat, idem.

Bertand Desfauries, de Sarlat.

Pierre Charvais, de Limoges.

Sebastien Duhautier, idem.

Joseph Guyot, idem.

Martial Nicot, idem.

MartialDubois, idem.

Joseph Dinot, idem.

Joseph Descoutures, idem.

François Limousin, idem.

 

 

S Y N T A X E.

 

Définition de la Syntaxe.… Ce qu’on entend par proposition, phrase & période… Ch. I. Place du sujet. Ch. II. Emploi des compléments… Ch. III. Sy[n]taxe du Substantif. Il y a quelques substantifs dont le genre varie, tels que aigle, aide, amour, couple, gens, &c.… De la tête, de la bouche, des pieds & des cris des animaux… Règles sur la Syntaxe des collectifs… Dit-on indifféremment on viendra, l’on viendra ? Observation sur l’emploi de plusieurs on dans la même phrase… Différence entre l’un, l’autre, l’un & l’autre ; tous deux, tous les deux. Ch. IV. Syntaxe de l’Adjectif. Est-il indifférent de placer le substantif avant l’adjectif, ou l’adjectif avant le substantif... Exemples où le changement de place fait un changement de signification... Faut-il dire : une partie du pain mangé ou mangée ?... Cette femme à l’air bon ou l’air bonne ? Observation sur l’adjectif un. Ch. VI. Syntaxe des Adjectifs démonstratifs. Règle sur ce suivi du verbe être. Ch. VII. Syntaxe de l’Article. Emploi de l’article... Doit-on dire : de jolies fleurs ou des jolies fleurs ; de bon fruit ou du bon fruit ?.... Ch. VIII. Syntaxe des Pronoms. Pronoms personnels... Règle sur l’emploi des pronoms personnels je, me, moi, nous, tu, te, toi, vous, il, ils, leurs, se &c. Pronoms relatifs... Faut-il dire : je vous fais grace, quoique nous ne la ou le méritiez pas ?.. Doit-on écrire : on a applaudi cette actrice au moment où elle était le moins ou la moins intéressante ?.. Observation sur en, y... Règles sur la Syntaxe des relatifs qui, que. &c. |32 Ch. IX. Syntaxe du Verbe. Du choix de laffirmatif  ou du complétif après les conjonctions. Ch. X. Syntaxe des Prépositions. Emploi des prépositions avant, devant, en ; dans ; autour, alentour ; au travers, à travers. Ch. XI. Syntaxe des Adverbes. Place de l’adverbe... Différence entre plus, davantage... Observation sur plus, comparatif, & sur plus, moins, mieux, pis... Doit-on dire : jusqu’à aujourd’hui ou jusqu’aujourd’hui ? Ch. XII. Syntaxe des Conjonctions. Faut-il dire : c’est à vous à qui je veux parler, ou à vous que je veux parler ? Est-il correct d’écrire : je ne veux pas rien faire qui vous déplaise ? Est-il indifférent d’employer pas ou point avec ne, pour former une négation ? Remarques sur l’emploi de la négation ne après les verbes empêcher, prendre garde, craindre, &c. Ch. XIII. Et dernier. Syntaxe des Interjections ou Exclamations. Ce qu’on observe sur la Syntaxe de cette dernière espèce de mots.

Du style... Du solécisme & du barbarisme... Du gallicisme... Des termes impropres & mal assortis... De l’amphibologie... De la néologie & du néologisme... Des métaphores vicieuses... Des jeux de mots... de l’éllipse... Du pléonasme & de la perissologie.

            Répondront les Citoyens,

Charles Diot, de Limoges.

Jean-Baptiste Géry, idem.

Guillaume Cheyrou, d’Aixe.

Jacques Glangeaud, de Limoges.

Victor Rogues, idem.

Sylvestre Marbouty, idem.

Joseph Vaugelade, du Dorat.

Jean-Baptiste da Beaulieu de Limoges.

Hyppolite Vilestivaud, idem.

Cyprien de l’Hermtie [sic], idem.

Félix de l’Hermite, de Limoges.

Charles Nantiat, idem.

François Deluret, idem.

Joseph Nicot, idem.

Michel Beaudet, idem.

Pierre Dupeyrat, idem.

Joseph Lacoste, du Dorat.

François Lacôte, idem.

Joseph Descoutures, idem.

 

Cet Exercice aura lieu le 13 Fructidor, an 11 [31-8-1803], le matin, depuis dix heures jusqu’à midi ; & le soir depuis deux heures jusqu’à quatre.

SAUGER-PRÉNEUF, Professeur.

 

 

Document conservé aux Archives Départementales de la Haute-Vienne,

Cote : L 1/60